| Feng Shui et Architecture |
| 1. Deux
disciplines à part entière |
| La pratique du Feng Shui traditionnel chinois
remonte à loin dans l’histoire de la Chine ancienne.
Elle participe à la détermination de sites bien différenciés
pour les habitations et les sépultures, et elle précède
ainsi la construction. Elle intervient aussi en aval en étudiant
la configuration de la construction et en définissant la nature
néfaste ou bénéfique de son emplacement. L’occupant
possède alors la liberté d’effectuer ou non des
améliorations conseillées par le praticien ou de changer
d’habitation si besoin. Le praticien Feng Shui et l’architecte
constructeur interviennent chacun dans leur domaine et n’ont
pas de rapports entre eux, mais seulement avec le client qui fait
appel à eux. La science du Feng Shui se développe ainsi
parallèlement à l’architecture surtout dans les
pays asiatiques où la philosophie du taoïsme est encore
vivace. La médecine, les arts martiaux et les arts en général
s’y développent ainsi autour d’une même recherche
d’harmonie entre ce qui revêt un caractère «
Yin » et ce qui revêt un caractère « Yang
». |
| 2. Un
rapprochement des cultures |
| Le rapprochement de l’architecture
occidentale d’avec l’architecture orientale s’est
révélé bénéfique pour l’architecte
Franck Loyd Wright, figure de proue de l’architecture dite «
organique » . Son soucis de trouver une harmonie avec la nature
se retrouve aussi dans la culture du Japon. Comme il en va aussi de
son proche voisin, la Corée, le Japon a grandement hérité
de la culture de la Chine qui s’est répandue lors d’expansions
géographiques. Aujourd’hui ces pays d’Extrême
Orient sont ouverts à la culture occidentale et cela suite
à une forte industrialisation et à des migrations urbaines
importantes de la population. Le Feng Shui traditionnel chinois s’est
développé dans ces sociétés fortement
agraires où l’emplacement des cultures agricoles et celui
des habitations demeurent vitaux. Le tracé des villes a suivi
le même processus : les principales furent commanditées
par les empereurs et fondées sur les mêmes impératifs
stratégiques de survie. Ce savoir continue de se transmettre
et d’évoluer dans les villes industrialisées où
les immeubles sont des « montagnes » et les routes des
« courants d’eau », éléments du paysage
urbain avec lesquels le praticien peut qualifier la nature du «
Feng Shui » d’une construction. Aujourd’hui la mode
« Feng Shui » se développe aussi en occident. Elle
ne correspond pas seulement à une mode mais aussi à
un nouveau besoin qu’il appartient non seulement au sociologue
mais aussi à l’architecte de qualifier. |
| 3. Une
pluridisciplinarité bénéfique |
| Dans son « Manifeste de la moisissure
contre le rationalisme en architecture », le peintre architecte
paysagiste Hundertwasser a comparé la création du peintre
à celle de l’architecte et en a déduit l’urgence
de réunir le maçon, l’habitant et l’architecte
en une seule personne. Des exemples dans l’histoire de la peinture
comme le concept de contraste simultané des couleurs avec Sonia
Delaunay, et plus tard le concept de drop art de Pollock, montrent
l’importance de la perception et du geste corporel dans l’occupation
d’un espace dans le temps. Si l’on pense à l’architecte
Le Corbusier, on oublie qu’il était peintre sculpteur
et que l’église de Ronchamp fait partie de ses dernières
réalisations. Et cet ouvrage reste malgré tout un ouvrage
loin des principes rationalistes de l’architecture moderne dont
il fut l’initiateur. Si l’on note aussi la vision utopique
et sociale de ces architectes, on ne peut que constater l’avancée
réalisée grâce à leur pluridisciplinarité.
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| 4. De
l’esthétique et du social |
| Les études d’architecture
en France s’organisent autour de la pratique d’architecture
et autour de disciplines aussi diverses que les sciences exactes (mathématiques,
physique), les sciences sociales (sociologie, économie), les
sciences de l’environnement (urbanisme, paysage), les arts (histoire,
représentation) … D’ailleurs l’étudiant
est aujourd’hui conduit devant le choix de continuer dans le
domaine de la recherche ou bien de continuer dans la pratique de la
profession. L’image de l’architecte que l’on garde
est donc celle d’une personne pluridisciplinaire et apte à
construire. Nous ne sommes pas loin de la définition de l’architecture
de Vitruve où le souci de l’esthétique et le soucis
de l’usage qui en est fait, rejoignent celui de la solidité.
La recherche plastique et la réponse à une demande sociale
font sans aucun doute partie des facteurs entrant dans la pratique
contemporaine architecturale. De ce point de vue une connaissance
du Feng Shui peut paraître complémentaire à une
pratique architecturale sans cesse en évolution. |
| 5. Le
Feng Shui appliqué en Occident et en Orient |
| Prenons l’exemple de l’architecte
chinois américain Ieoh Ming Pei dont la réalisation
de la pyramide du Louvre à Paris et celle de l’immeuble
de la Banque de Chine à HongKong, montrent l’importance
du contexte à la fois géographique, culturel et social,
et aussi l’adéquation possible d’un art originaire
d’un continent pas si lointain, le Feng Shui, avec un projet
à forte identité locale. Mais avant d’aller plus
loin dans l’exemple, précisons qu’il existe plusieurs
méthodes de Feng Shui et qu’elles interviennent à
différentes échelles et à différentes
périodes liées à la construction. |
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| La pyramide d’entrée du Louvre
fait en fait partie d’un ensemble appelé « une
structure embrassante », identifiée ainsi et qualifiée
de bénéfique à l’échelle du paysage.
En effet la position de l’entrée par rapport au paysage
environnant définit de manière déterminante le
Feng Shui d’un lieu. |
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Si la réalisation précédente
est une restructuration d’un ensemble déjà existant,
l’immeuble de la Banque de Chine a quand à lui été
érigé entièrement au milieu d’autres immeubles
de grande hauteur et dans l’intention non cachée de concurrencer
l’immeuble de la banque alpha bêta concurrente. Il en
a découlé des formes architecturales considérées
défensives et offensives, notamment ses arêtes vives
qui sont autant de flèches (arrows en anglais). |
| En dehors d’un contexte de concurrence
effrénée, une démarche paysagère est ainsi
possible même en centre d’une capitale comme Paris. Personne
ne peut dire qu’il s’agisse d’une démarche
applicable seulement en Asie du seul fait de la différence
géographique et culturelle. Et inversement nous pouvons remarquer
qu’en dehors du fait que la ville de Hong Kong soit ancrée
dans le paysage chinois, elle accueille un centre des affaires tel
qu’on peut en voir aux Etats-Unis, où les immeubles ne
cessent de croître même selon les règles du Feng
Shui. |
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| 6. Une pratique à
l’échelle humaine |
| Un dernier point important sur la pratique
du Feng Shui qui, en plus de se baser sur un savoir ancestral, prend
en compte tous les paramètres possibles de la personne à
laquelle sont appliqués ces méthodes. En effet si le
Feng Shui est une science basée aussi sur la personne c’est
qu’au départ elle est destinée à faire
son bonheur ou du moins à en améliorer l’existence.
Le Feng Shui s’inscrit ainsi dans la pratique et dans une logique
de résultats. Ainsi toute cause et tout effet associés,
qu’ils soient bons ou mauvais, sont enregistrés et sont
ainsi transmis de génération en génération.
C’est de l’avoir expérimenté durant ces
siècles, que ces populations d’Asie sont ainsi attachées
plus ou moins à cette pratique. Qu’il s’agisse
de différentes cultures ou de philosophies exotiques, on ne
peut nier le caractère fondamentalement pragmatique de cette
science, que l’on affuble trop souvent d'un adjectif bien réducteur
: celui d’intuitive. |
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